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Les liens de Dominique Lacroix  

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Citer un lien

contribution de Dominique Lacroix au groupe de discussion universitaire Technocampus
<technocampus@listes.educnet.education.fr>, 24 février 2002

> le 22/02/02 10:59, Andre Aoun a écrit :

Bonjour,

> Le lien est correct mais simplement, il y a eu un retour à la ligne dans le
> corps du message.
> http://www.sun.com/products-n-solutions/edu/elearning/eLearning_Interoperabi
> lity_Standards_wp.pdf

Hum... puisqu'on parle de normes... en fait, le lien n'est pas cité d'une
manière tout à fait conforme aux normes ;=)

Une URL introduit dans un texte une rupture, une hétérogénéité. Les
courriers (comme les pages Web) sont en gros divisés en deux parties, les
en-têtes destinés aux logiciels et le corps du message destiné aux humains.
Citer une URL cliquable dans le corps d'un message revient à y inclure une
portion de texte lisible par les logiciels, pour permettre une navigation
hypertexte (qui concerne différents protocoles d'Internet et pas seulement
le Web).
Et, comme cela ne marche pas toujours, il faut aussi penser à rendre son
interprétation facile pour un humain qui peut avoir à la copier.

C'est pourquoi il est recommandé d'indiquer, avec des délimiteurs, où
commence l'URL et où elle finit.

D'autres raisons poussent à encadrer une URL de délimiteurs :

- Elle peut contenir des caractères spéciaux susceptibles de dérouter un
logiciel de lecture (par exemple "%" n'a pas le même sens dans un texte pour
humain et dans la spécification d'encodage des URL dite "URL encoding").
- L'auteur qui cite une URL en fin de phrase peut être tenté de terminer par
un point ; accolé à l'URL, ce point rend l'adresse invalide.
- L'URL peut être longue et être automatiquement coupée alors qu'elle est,
par nature, d'un seul tenant (cas fréquent).
- Enfin, dans un "mél", si le lien cité est repris dans une réponse, les
signes de citation s'en mêlent. L'automatisme de lien ne fonctionne plus, en
général ; mais le lecteur humain saura interpréter jusqu'où va l'URL et ôter
lui-même les signes superflus.

Cette nature d'URL doit donc être indiquée à ceux qui vont interpréter,
humains ou logiciels de lecture.
Il est préconisé depuis longtemps d'encadrer une URL par des chevrons
simples (signe inférieur au début, signe supérieur à la fin) :
<j'écris ici mon URL>
Et ce, quel que soit le protocole utilisé à cette URL (page Web, adresse de
courrier, site FTP, site Telnet, Gopher, etc.).
Et ce, aussi bien dans les courriers que dans les références
bibliographiques sur papier.

Réf.
- Norme ISO 690-2 (1998) :
Résumé : <http://www.nlc-bnc.ca/iso/tc46sc9/standard/690-2f.htm>
- Norme AFNOR : Z 44-OO5-2 (1998)
- Des recommandations du W3C et de l'IETF, par exemple, un vieux texte de
T. Berners-Lee, du CERN (1994) précise :

§
The characters "<" and ">" [...] are used as the delimiters around URLs in
free text; [...]
§
Source : <ftp://ftp.isi.edu/in-notes/rfc1738.txt>

Mais plus vieux encore, les fameuses RFC 680 et 724, fondatrices du courrier
électronique, à l'époque de l'ARPA (1977) :

§
Angle brackets ("<" and ">") are generally used to indicate the presence
of at least one machine-usable code (e.g., delimiting mailboxes).
§

Pour plus de références, voir la page de Claire Panijel, de
l'École des Chartes :
<http://web.ccr.jussieu.fr/urfist/citedoc.htm>

Ce qui brouille un peu les choses et ne facilite pas la propagation de
bonnes habitudes, c'est que certains logiciels de lecture se passent très
bien de ces chevrons dans les cas faciles ; donc les utilisateurs ne savent
pas qu'ils sont importants.
Et que, même avec cette bonne habitude, cela ne marche pas dans 100% des
cas. Par exemple, certains systèmes utilisent encore les guillemets anglais
("URL") comme délimiteurs d'URL.
En revanche, de bons logiciels de courriers ajoutent automatiquement les
chevrons (par exemple, la dernière version de Powermail).

Mais, même l'excellent "Grand dictionnaire terminologique" donne de mauvais
conseils à l'article "URL" :

§
Pour citer une adresse Web dans un texte (ex. : « Dans le site de l'Office
de la langue française <www.olf.gouv.qc.ca>, [...] »), on peut avoir recours
à l'un ou l'autre des procédés de mise en évidence suivants : l'écrire en
gras, ou la mettre entre parenthèses ( ), ou entre crochets [ ], ou encore
entre chevrons simples < >. Si l'adresse termine la phrase, on met un point
final.
§
In : <http://www.granddictionnaire.com>, article "URL"

J'ajouterai enfin qu'on recommande de couper l'URL trop longue après un
séparateur (/, - ) ou avant un point.

Comparez :

http://www.sun.com/products-n-solutions/edu/elearning/eLearning_Interoperabi
lity_Standards_wp.pdf

<http://www.sun.com/products-n-solutions/edu/elearning/eLearning_Interoperab
ility_Standards_wp.pdf>

<http://www.sun.com/products-n-solutions/edu/elearning/
eLearning_Interoperability_Standards_wp.pdf>

Pour terminer, je vous laisse découvrir le service amusant Minilien, qui
transforme l'URL citée ci-dessus en : <http://minilien.com/?uv7ra7uwFO> ;
Voir <http://www.digipills.com/minilienok/intro.php>

Cela dit, merci pour l'information. Ce texte de Sun est très bien fait et
utile.

Cordialement,

Dominique Lacroix

--
Panamo <http://www.panamo.com>
4, rue de l'Ancienne Comédie - 75006 PARIS
Tél. / fax : +33 (0)1 44 07 01 71

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